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Quand tes proches votent à Droite...

Quel est le problème de voter à Droite en France aujourd'hui ? Le problème c'est que la seule Droite qui nous est proposée actuellement est extrême, même chez les Républicains. Evidemment tous les partis de Droite proposent des choses très différentes dans leurs programmes respectifs. Mais quel est leur point commun à tous ? Le racisme, le sexisme, l'oppression des minorités. 

Que mon grand-père décide de voter à Droite parce qu'il est riche et ne veut pas payer l'ISF, ou qu'un cousin le fasse parce qu'il est agriculteur et que l'Europe est (selon lui) responsable de sa précarité, soit. J'aurais beaucoup de choses à dire contre ces positions, mais ok. On ne sera jamais tous d'accord de toute manière, et ce n'est pas grave. 
Mais actuellement en France, ceux qui veulent mettre fin à l'ISF ou à l'Europe, ce sont les mêmes qui veulent mettre fin à l'immigration, à l'avortement, au mariage homosexuel, et j'en passe. 
Autrement dit, pour obtenir quelque chose qui leur est favorable à eux, il vont voter contre les droits les plus basiques de milliers d'autres personnes. Et là il ne s'agit plus d'être en simple désaccord.


(Ouais, c'est bizarre non ?) 

Donc, quand tes proches décident de voter à Droite... Faut-il en parler avec eux ou "laisser couler" ? 

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Psychonnerie #2 : La parité vs la compétence


Les propos que je vais vous rapporter ont été tenus lors d'une soutenance d'Habilitation à la Recherche par l'une des membres du jury. J'ai d'abord envisagé de ne pas anonymer cet article car les soutenances HDR sont des évènements publics. Toutefois j'ai appris récemment que le domaine universitaire et de la recherche a tendance à être assez procédurier même quand ils savent qu'ils on tort, et ils ont des bons avocats donc je préfère protéger mes fesses haha. 

Quoiqu'il en soit je peux quand même vous présenter dans les grandes lignes la personne dont je vais parler afin que vous voyez bien qu'il ne s'agit pas d'une psy lambda, ce qui rend ces propos plus graves. Il s'agit d'une psychologue clinicienne, enseignante en psychopathologie et haut placé dans le domaine de la recherche et dans sa faculté, et je la nommerais Madame R. dans cet article.Voici ce qu'elle a dit lorsque son tour est venu de parler en tant que jury :  

"Avant de commencer, je voulais juste vous faire part d'une information que j'ai eu il y a deux jours. A partir de maintenant, les jurys de thèse ou d'HDR monosexués ne seront plus autorisés. Et la parité sera FORTEMENT recommandée au sein du jury. (ton ironique). Haha. Bon, vous l'aurez compris, je ne suis pas DU TOUT d'accord avec ça, parce qu'il est inimaginable de composer un jury à partir des sexes plutôt qu'à partir des compétences, hahaha."

Réaction de la salle et de certains membres du jury :                                     

Moi :













Ouais, y'a comme un truc qui passe pas là. 

Histoire d'être sûre de mon coup je vous ai retrouvé le texte qui fait mention de cette obligation à la mixité. Il s'agit de l'arrêté du 25 mai 2016 fixant le cadre national de la formation et les modalités conduisant à la délivrance du diplôme national de doctorat. Plus précisément, Madame R. faisait référence à l'article 18, portant sur la constitution d'un jury. Je vous met la partie qui nous intéresse : 
"Le jury de thèse est désigné par le chef d'établissement après avis du directeur de l'école doctorale et du directeur de thèse.
Le nombre des membres du jury est compris entre quatre et huit. Il est composé au moins pour moitié de personnalités françaises ou étrangères, extérieures à l'école doctorale et à l'établissement d'inscription du doctorant et choisies en raison de leur compétence scientifique ou professionnelle dans le champ de recherche concerné, sous réserve des dispositions relatives à la cotutelle internationale de thèse définies au titre III du présent arrêté.
Sa composition doit permettre une représentation équilibrée des femmes et des hommes. (...)"
Alors, qu'est-ce qu'on a ? 
(Comprenne qui pourra cette référence hilarante) 

Ne vous en déplaise chère Madame R., on a un arrêté tout ce qu'il y a de plus raisonnable. 
Il ne s'agit pas de "composer un jury en fonction des sexes plutôt que des compétences". Il s'agit bien de choisir les gens en raison de leur compétences, c'est écrit noir sur blanc. Il y a juste un critère qui vient s'ajouter et qui est que le jury doit être mixte et si possible relativement équilibré entre hommes et femmes. 

Visiblement, ceci est terrible. Mais pourquoi exactement ? Pourquoi quand on parle d'engager des femmes on parle d'engager quelqu'un sur la base de son genre, et quand on engage des hommes on part juste du principe qu'ils sont compétents ? Les femmes sont incompétentes ? Il serait si difficile que ça de trouver des enseignantes chercheuses ou professeures suffisamment compétentes ?? 

Il est vrai que la question de la parité peut poser problème lorsqu'il y a peu de femmes dans le domaine de recherche évalué, ce qui leurs demande d'être plus souvent disponibles que leurs collègues masculins, leurs laissant moins de temps pour leur recherche. 

Mais en psychologie, les femmes ce n'est pas ce qui manque. L'institut de psychologie de l'université où je suis (et est assez représentatif des autres facs de psycho) est composé à 81% d'étudiantEs. Par ailleurs, toujours dans mon université, il y a 66 enseignants chercheurs/professeurs en psychologie, dont 37 femmes, soit 56% de femmes. Or comme je vous le disais, ma fac est assez représentative des facs de psychologie en France. Donc a priori ça ne devrait pas être compliqué de faire des jurys compétents et paritaires en psychologie. A moins que Madame R. considère ses collègues féminines comme moins compétentes que ses collègues masculins ? Enfin, elle mise à part je suppose, puisqu'elle ne semblait pas remettre en question la légitimité de sa présence dans un jury HDR. 


"c'est toute des putes débiles"
Sympa. Et humble.


En tout cas, cette nouveauté dans l'arrêté de constitution de jurys de thèses s'inscrit dans l'engagement pris en 2013 par les universités en faveur de l'égalité femmes-hommes. 

--> La charte en question 

N'en déplaise à certain.e.s, cette charte est très importante car "encore aujourd’hui, alors que les femmes sont majoritaires parmi les étudiant-e-s, leur part diminue au fur et à mesure que le niveau hiérarchique augmente pour finalement n’être qu’une minorité dans les emplois de professeurs d’université (24 %), dans les conseils centraux des universités (à peine 27% de femmes en 2010) et aux postes de direction des universités (8%) et des pôles de recherche et d’enseignement supérieur (15%)"

La psychologie ne fait pas exception et en est même un très bon exemple. Je vous fais un schéma pour que ce soit bien clair, à partir des statistiques sur le nombres de femmes en psycho que j'ai donné plus haut. 




Et malgré cette parité au sein des professeurs et enseignants chercheurs en psychologie, on a des jurys avec 5 hommes et une seule femme, comme c'était le cas pour ce jury HDR. Et cette même femme trouve le moyen de critiquer l'utilité de la parité. 

Le monde ne tourne vraiment pas rond ! 
Madame R., franchement, il est où le problème ? Il y a des femmes compétentes et on essaye de leur donner des opportunités. Il y a quand même de la place pour plus d'une femme en hauts lieux de la recherche en psychologie, non ? 

Un peu de solidarité ! Et si c'est vraiment trop demander, peut être que vous pourriez avoir au moins la décence de ne pas exprimer vos opinions arriérées au milieu d'une soutenance d'HDR brillante ? Car elles n'y ont pas leur place. 



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Psychonneries #1 : Les feministes fantasment leurs problèmes

Mesdames, messieurs, j'ai décidé de lancer une rubrique spéciale propos sexistes tenus par des psys ou des étudiants en psycho. Pourquoi ? Parce que ce n'est pas anecdotique ni sans conséquence. Parce que vous n'imaginez (peut être) pas à quel point c'est fréquent et la gravité de ce qui est dit. Parce que malgré ce que certains prétendent, cela affecte leur pratique, au détriment de l'intérêt des patients. 

J'ai entendu une psy dire en consultation à une jeune femme battue qu'elle "pourrait essayer de parler plus gentiment à son conjoint", puis quand elle est partie, m'a dit à moi "qu'elle devait vraiment bien le pousser à bout". 

J'ai entendu les professionnelles encadrantes d'un groupe travaillant sur l'acceptation de son corps dire aux femmes qu'elles "ne devaient pas être vulgaires" et qu'elles "devaient s'épiler pour être féminines". 

J'ai entendu une psy me raconter avoir passé une consultation à réprimander une de ses patientes "qui était vraiment habillée comme une..." et à lui expliquer qu'il fallait qu'elle "respecte son corps" et qu'elle ait conscience que dans cette tenue "elle provoquait les hommes". 
"Puuuuuuuute"

J'ai entendu mes profs nous apprendre des horreurs sur les femmes et les mères. 

Je n'ai pas entendu mes profs nous parler d'homosexualité, d'homoparentalité et de transidentité d'une manière non pathologique (à 3 exceptions près seulement). 

Et j'en ai lu et entendu d'autres, des vertes et des pas mûres comme on dit. 
Alors voilà. 

A partir de maintenant je vous livrerais les prochaines perles sexistes que je vois ou j'entends, et je les décortiquerais, afin que ce soit un peu constructif tout ça ! 

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"Sérieux, ce décolleté..."



Depuis quelques mois, c'est l'été. Que fait-on l'été ? Généralement, on fait bronzette, on va à la plage, on se baigne, bref, on fait des activités en maillot de bain. Et on fait aussi des photos des fois. Quitte à avoir l'air peu originale, je fais tout ça pendant mes vacances d'été. Du coup, qui dit soleil + maillot de bain + plage, dit changement de photo de profil Facebook, car on ne va pas le nier, l'addition de tous ces éléments sur une photo donne souvent un truc sympatoche :

L'objet du délit

Suite à ce choix de photo de profil, je m'attendais quand même à une petite dose malheureusement habituelle de slutshaming, à base de "stp range tes seins, respecte toi" auquel je prévoyais de répondre en toute simplicité : "ferme ta gueule" ou une variante type "mon corps, mes choix" (slogan féministe bien connu). Mais nous vivons dans un monde plein de surprises et j'avais beau m'être préparée psychologiquement, quelqu'un a réussi à me prendre au dépourvu. Comment est-ce possible ? Et bien parce que la remarque est venue d'un pote rencontré dans une association contre le harcèlement. 
Oui oui oui, vous avez bien lu, un mec qui milite contre ce genre de comportement, m'a envoyé un message pour commenter ce que provoquait chez lui mon décolleté sur la photo ci-dessus. Voyez par vous même : 

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Reste à ta place (La femme dans un groupe - Partie 2)

Suite à l'article précédemment publié, il me semble important d'expliquer plus en détails comment le sexisme ambiant de notre société se passe aussi au quotidien, au sein même d'une très grande partie des nos interactions sociales. 

Partout, les hommes dominent les espaces, qu'ils soient publics ou privés, physiques, psychologiques ou verbaux. 




Le phénomène n'est pas conscient la plupart du temps. Il s'agit plus d'un apprentissage tout au long de la vie grâce à des expériences de socialisation, que d'une volonté assumée de dominer un lieu ou une situation. En effet nous reproduisons forcément ce que nous voyons étant petit.e.s et en grandissant. Et qu'est-ce que nous voyons ? 

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Chers "amis" homophobes...


Il y a quelques temps, alors que je parlais de la série Sense8 à des amis en expliquant que j'étais vraiment fan du couple Lito & Hernando (qui est un couple gay), un des hommes (dois-je préciser hétérosexuel ?) présents m'a dit cette phrase : 
"Quoi ?? tu les trouves mignons ? tu trouves ça mignon un couple qui s'encule?"

Alors sur le coup, ma réponse a été : "oui je trouve ça beau même. Un couple qui s'aime autant, c'est beau"
Mais face à cette abomination de question, j'ai un million d'autres réponses qui me sont venues en continu pendant 2 jours.

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Mon expérience quotidienne du sexisme ordinaire



Petit article cette fois peu en lien avec la psycho (même s’il ce sujet me semble important à conscientiser pour la pratique du psy).
J’ai décidé d’aborder la question du sexisme ordinaire aujourd’hui, car plusieurs discussions m’ont fait prendre conscience à quel point les gens sous-estime à quel point le sexisme est envahissant dans nos vies.

J’ai donc décidé de vous dresser une liste de mes expériences du sexisme ordinaire. Cette liste est longue et je fais pourtant partie des femmes privilégiées : je suis née dans un pays « développé », je suis blanche, je suis assez jolie ou en tout cas passe partout (pas en sur/sous poids, petite, châtain..), je suis valide, je n’ai pas été particulièrement conditionnée à des stéréotypes par mes parents, je suis issue de la classe moyenne avec un niveau culturel plutôt élevé, je suis intelligente et j’ai eu accès à des études longues… Tout ça m’a carrément servi et rendu la vie relativement facile comparée à des femmes n’ayant pas ces avantages.  Garder à l’esprit donc que ma liste est en réalité courte comparé à d’autres.

Voici donc une liste non exhaustive des expériences que j’ai vécu et je vis quotidiennement, exclusivement du fait de mon identité féminine.


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Slut-shaming dans un cadre thérapeutique (partie 2)

Suite à l’article sur le slut-shaming dans un contexte thérapeutique publié précédemment, j’ai réussi à ordonner mes idées, ma réflexion, et ma détermination à ne pas me rendre "complice" des dérives sexistes de mes encadrantes en restant silencieuse, et j’ai réussi à aborder le sujet avec l’intervenante de danse (en l’absence de ma tutrice de stage).

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Slut-shaming dans un cadre thérapeutique (partie 1)

Commençons les joyeusetés avec une question qui me pose problème depuis que j’ai commencé mon stage (donc depuis quelques mois) : La présence du slut-shaming dans un cadre thérapeutique. Le slut-shaming est un ensemble d’attitudes agressives, stigmatisantes, culpabilisantes, humiliantes (etc) envers les femmes, concernant leur sexualité, leur comportement, leur physique, qui serait jugé trop provocant, vulgaire. Malheureusement, je me suis aperçue que ce processus se manifeste chez des professionnels de la santé, des travailleurs sociaux, et même chez des psychologues, quand bien même il n’a rien à y faire.

(Laci Green, youtubeuse féministe américaine que je recommande à tout le monde car elle est extraordinaire. Voici la vidéo sur le slut-shaming : https://www.youtube.com/watch?v=P-DIeo2HEI8 )

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Pourquoi ce blog ?


Je suis féministe et étudiante en psychologie. Dans ma grande naïveté, j’étais persuadée, au début de mes études, que le domaine de la psychologie devait être rempli de personnes ouvertes, tolérantes, déconstruites des stéréotypes en tout genre et j’en passe. A vrai dire, cet optimisme (pour ne pas dire candeur) ne date pas d’hier.

J’ai eu l’immensément rare chance de grandir dans un cocon où on m’a laissé la liberté de devenir tout ce que je voulais et où je n’ai été que très peu confrontée à l’intolérance de manière générale. Dans ce joli monde de Bisounours, il était évident pour moi que le racisme et toute forme de discrimination étaient socialement et moralement condamnables, et que cette opinion était partagée par tout le monde. Le féminisme, pour quoi faire exactement ? Tout le monde est pour l’égalité n’est-ce pas ? Et puis il n’y a plus rien à faire, l’égalité des sexes c’est acquis, non ?

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